Les 12 vertus du manager de demain selon la théorie du juste milieu
1. Le courage
Cette force mentale face à l’adversité est devenue cruciale dans un contexte économique en crise permanente et incertain. Le courage managérial, en tant que capacité à persévérer malgré la peur, permet d’initier les transformations nécessaires sans céder à la paralysie.
- Excès: Témérité (audace irréfléchie face au danger, sans considération des risques réels).
- Défaut: Lâcheté (faiblesse morale qui fait reculer devant le danger ou les responsabilités).
2. L’humilité
Face à la complexification exponentielle des savoirs et des compétences, aucun leader ne peut prétendre tout maîtriser. L’humilité est devenue la condition sine qua non d’un leadership efficace dans l’économie de la connaissance, permettant de mobiliser l’intelligence collective et d’instaurer une culture d’apprentissage continu essentielle à la survie organisationnelle.
- Excès: Autodépréciation (sous-estimation systématique de sa propre valeur et de ses capacités).
- Défaut: Arrogance (sentiment exagéré de sa propre importance manifesté par un comportement hautain).
3. La justice
Dans un environnement professionnel de plus en plus diversifié, la justice managériale devient un levier essentiel pour la cohésion et l’engagement des équipes. Elle repose sur la répartition équitable des ressources et des opportunités, ainsi que sur l’égalité de traitement, tout en tenant compte des spécificités de chaque individu pour éviter toute forme de discrimination. La transparence dans les décisions et l’équité dans les processus sont désormais des critères de management incontournables.
- Excès: Inflexibilité (application rigide des règles, sans considération des circonstances).
- Défaut: Partialité (traitement inégal et arbitraire des personnes et des situations).
4. L’empathie
Cette compréhension des émotions d’autrui tout en maintenant une frontière psychologique saine est devenue une compétence stratégique incontournable. Dans l’ère post-COVID où le bien-être au travail s’impose comme priorité, l’empathie managériale permet de déchiffrer les besoins émotionnels des collaborateurs sans s’y perdre. Entre compassion débordante et insensibilité froide, elle constitue le juste milieu qui conditionne la performance durable en anticipant les risques psychosociaux tout en préservant l’exigence.
- Excès : Hypersensibilité (absorption excessive dans la souffrance d’autrui au détriment de l’objectivité).
- Défaut : Indifférence (absence d’attention ou de compréhension des émotions et des préoccupations des autres).
5. La responsabilité
La nécessité d’assumer pleinement les conséquences de ses actes s’étend désormais bien au-delà de la performance financière. À l’heure où la RSE devient un impératif stratégique, un manager responsable doit non seulement répondre de ses décisions, mais aussi prendre en compte l’impact de ses actions sur ses équipes et l’organisation dans son ensemble.
- Excès : Messianisme (conviction de devoir porter le poids de toutes les responsabilités).
- Défaut : Fuite (tendance à ne pas assumer ses actes et décisions et à rejeter la faute).
6. La sérénité
Dans un monde professionnel où l’incertitude et le stress sont omniprésents, la sérénité est une vertu cruciale pour un manager. Elle lui permet de garder son calme, même face aux situations complexes ou conflictuelles, et de prendre des décisions réfléchies. La sérénité favorise également un environnement de travail où les équipes se sentent soutenues et où la gestion des émotions est maîtrisée, contribuant ainsi à une atmosphère de confiance et de bien-être collectif.
- Excès : Nonchalance (attitude détachée qui minimise l’importance des situations ou des problèmes à résoudre).
- Défaut : Anxiété (inquiétude disproportionnée qui trouble le jugement et perturbe l’action).
7. L’intégrité
Dans un monde professionnel où la transparence et la confiance sont essentielles, l’intégrité est une vertu fondamentale pour un manager. Elle implique d’agir de manière honnête et cohérente avec ses valeurs, même face à la pression ou aux défis. Un manager intègre établit une relation de confiance avec ses équipes en respectant les engagements, en étant transparent dans ses décisions et en veillant à ce que ses actions soient alignées avec ses principes éthiques.
- Excès : Dogmatisme (imposition rigide aux principes, sans nuance contextuelle).
- Défaut : Duplicité (comportement marqué par la tromperie et la contradiction).
8. L’adaptabilité
Cette capacité à modifier ses approches selon les circonstances tout en maintenant un cap est devenue vitale dans un monde en perpétuelle mutation. L’adaptabilité managériale, équilibre subtil entre la versatilité et le conservatisme, permet aux entreprises de devenir plus agiles et d’intégrer les évolutions sociétales, économiques, environnementales et technologiques pour perdurer.
- Excès : Versatilité (changement perpétuel sans direction ni cohérence).
- Défaut : Conservatisme (Attachement excessif aux idées ou pratiques anciennes, avec une réticence à toute forme de changement).
9. La robustesse
Face à la multiplication des crises systémiques (sanitaires, géopolitiques, financières, climatiques), la robustesse managériale constitue l’armature qui permet d’absorber les chocs sans céder ni se briser. Elle offre la capacité de supporter l’adversité sans compromettre les objectifs fondamentaux ni céder à l’épuisement.
- Excès: Dureté (fermeté extrême, inflexible et sans compromis).
- Défaut: Fragilité (vulnérabilité excessive aux tensions et aux difficultés).
10. La bienveillance
Cette attention positive au bien-être d’autrui associée à la volonté de le voir progresser est devenue un facteur décisif d’attraction et de rétention des talents. La bienveillance managériale, évitant tant le laxisme complaisant que la malveillance destructrice, crée un environnement psychologiquement sécurisant qui libère l’innovation et l’engagement. Elle favorise la prise de risque constructive et autorise l’erreur comme source d’apprentissage. Ce regard positif, mais exigeant envers l’autre, renforce le sentiment d’appartenance tout en stimulant le développement professionnel.
- Excès : Complaisance (tolérance excessive des comportements inappropriés par crainte de déplaire).
- Défaut : Malveillance (désir de nuire, de faire du tort à autrui ou indifférence aux autres).
11. Le discernement
Cette capacité à évaluer avec justesse les situations et à séparer l’essentiel de l’accessoire devient cruciale à l’ère du big data et de l’infobésité. Le discernement managérial, juste milieu entre la sur analyse paralysante et le jugement hâtif, permet de distinguer les tendances véritablement significatives pour l’entreprise, tout en évitant les distractions stériles. Il permet de naviguer dans la complexité sans s’y noyer ni la nier.
- Excès : Hyperanalyse (analyse excessive qui paralyse la décision).
- Défaut : Simplisme (décision sans examen suffisant des faits).
12. La résilience
Apprendre à rebondir après l’adversité et à en tirer des enseignements devient fondamental dans un environnement où l’échec est partie intégrante de l’évolution. La résilience managériale, équilibre subtil entre l’imperméabilité stoïque et le défaitisme paralysant, transforme les revers en apprentissages précieux et en opportunités de réinvention. Cette capacité de rebond devient la pierre angulaire d’une agilité organisationnelle qui permet de traverser les turbulences en ressortant plus fort et plus sage.
- Excès: Déni (refus de reconnaître la réalité des échecs et des souffrances vécues)
- Défaut: Abattement (état de découragement profond qui empêche tout rebond )
La sagesse aristotélicienne libère le manager moderne de la tyrannie de l’absolu, cet idéal souvent inatteignable mentionné dans de nombreux référentiels managériaux.
Cette approche allège considérablement la pression psychologique imposée ou que s’impose le manager qui n’a plus à incarner un modèle de perfection, mais à exercer un discernement constant selon les circonstances.